le rythme de l’ennemi le rythme de l’ennemi

Musashi Miyamoto, de son vrai nom Takezō Shimmen (Miyamoto étant le nom de son village de naissance et Musashi, une autre façon de lire les idéogrammes écrivant Takezō), est l’une des figures emblématiques du Japon et le plus fameux escrimeur de l’histoire du pays.

Il prit part à la bataille de Sekigahara en 1600, contre les troupes de Tokugawa Ieyasu. Battu, il devint un rônin ( Samouraï sans maître ), et erra durant plusieurs mois, sans but.

On gagne une bataille en connaissant le rythme de l’ennemi, et en utilisant un rythme auquel il ne s’attendait pas.

Qu’il s’agisse d’un corps grand ou d’un corps petit, on doit posséder un esprit droit et il est important de conserver un esprit dégagé de tout sentiment de faiblesse vis-à-vis de soi-même.

Il faut rendre notre esprit semblable à l’eau. L’eau prend la forme des récipients qui la contiennent, qu’ils soient carrés ou ronds. L’eau peut se réduire à une goutte ou atteindre la taille d’un océan.

 

Voir et regarder
Entre voir et regarder, Voir est plus important que regarder. L’essentiel dans la tactique est de voir ce qui est éloigné comme si c’était proche et de de voir ce qui est proche comme si c’était éloigné.

 

Il ne faut s’attacher avec outrance ni à des armes ni à des outils. Excès, insuffisance sont pareils. Inutile d’imiter les autres. Possédez les armes et les outils qui sont à votre portée. Que l’on soit officier ou simple soldat il n’est pas bien d’aimer certaines choses et d’en haïr d’autres. Méditez bien sur ce sujet.

 

La Voie à suivre seul

– Ne pas contrevenir à la Voie immuable à travers les temps.
– Éviter de rechercher les plaisirs du corps.
– Être impartial en tout.
– N’être jamais cupide durant la vie.
– N’avoir aucun regret dans les affaires.
– Ne jamais jalouser autrui, en bien ou en mal.

 

Dans d’autres écoles on enseigne des techniques variées de maniement du sabre. Elles commercialisent la Voie et le font certainement dans le but de faire croire aux débutants qu’elles connaissent un grand nombre de techniques du sabre. C’est contraire à la tactique.

 

Tout cela parce qu’elles pensent qu’il y a plusieurs façons de pourfendre quelqu’un. C’est là leur erreur. Il n’y a pas 36 façons de pourfendre un homme. II n’y a pas plusieurs manières de porter un coup, de frapper et de trancher qu’il s’agisse d’un spécialiste ou non, d’une femme ou d’un enfant. Si l’on veut en chercher d’autres, il n’y a qu’à porter une botte ou faucher. Tout se résume à vouloir couper l’adversaire, donc il est tout naturel qu’il y ait peu de façons de le faire.

 

Rythme et harmonie
La préférence pour la rapidité dans la tactique n’est pas la vraie Voie. En toutes choses, tant que l’on n’est pas en harmonie avec les rythmes, on tergiverse sur rapidité ou lenteur. Lorsque l’on est devenu expert dans toutes les voies, on ne semble pas rapide aux regards des autres.

 

Passage de la montagne à la mer

Passer de la montagne à la mer signifie qu’il est mauvais de répéter les mêmes choses au cours d’un même combat. Répéter deux fois la même chose est encore passable, mais jamais trois. Si vous ne réussissez pas une première fois un certain coup, alors, même si vous le tentez une seconde fois, son efficacité sera douteuse. Appliquez plutôt un coup inattendu, chaque fois d’une façon assez différente, et si cela est inefficace, tentez une autre tactique.

 

Depuis ce moment-là je n’ai plus aucune Voie à rechercher et le temps a passé. J’ai appliqué les principes (avantages) de la tactique à tous les domaines des arts. En conséquence, dans aucun domaine je n’ai de maître.

 

Garde signifie immobilité

Se préoccuper trop de la garde du sabre est une grave erreur, car se figer dans des règles de garde du sabre n’est applicable que lorsque l’on ne se trouve pas face à un adversaire. Etablir des règles parce que c’est la coutume depuis l’antiquité ou parce que c’est la mode aujourd’hui, n’a aucune valeur sur le chemin de la victoire ou de la perte. […]
En toutes choses, garde signifie immobilité. Dans le langage courant, lorsqu’il est question de garder un château ou de garder une place, le mot « garder o signifie que l’on demeure fortement immobile malgré les attaques de l’ennemi. Tandis que dans la Voie de la tactique, de la victoire ou de la perte, tout revient à essayer de prendre l’initiative, l’initiative à chaque pas. L’esprit de garde est un esprit d’attente de l’initiative de l’adversaire.

 

On dit que la Voie du guerrier est la double Voie de la Plume et du Sabre, et il devrait prendre goût aux deux Voies. Même si un homme n’a aucune capacité naturelle, il peut devenir un guerrier en s’attachant assidûment aux deux parties de la Voie.

 

Objectif : Pourfendre

Une fois que l’on tient un sabre le but à atteindre est de pourfendre l’adversaire de quelque façon que ce soit. Même si l’on intercepte, cingle, érafle, colle et cogne le sabre adverse qui s’apprête à nous pourfendre, tout est occasion de pourfendre l’adversaire. […] Il est important au contraire de penser que tout est moyen de pourfendre. […] Tout est moyen permettant d’atteindre la victoire dans les combats.

 

L’eau est une très bonne image pour faire comprendre notre principe. Il faut rendre notre esprit semblable à l’eau. L’eau prend la forme des récipients qui la contiennent, qu’ils soient carrés ou ronds. L’eau peut se réduire à une goutte ou atteindre la taille d’un océan. L’eau qui se trouve au fond des gouffres profonds a une couleur d’un vert pur.

Nationalité : Japon
Né(e) le : 12/03/1584
Mort(e) le : 19/05/1645
Biographie :

Musashi Miyamoto, de son vrai nom Takezō Shimmen (Miyamoto étant le nom de son village de naissance et Musashi, une autre façon de lire les idéogrammes écrivant Takezō), est l’une des figures emblématiques du Japon et le plus fameux escrimeur de l’histoire du pays.

Il prit part à la bataille de Sekigahara en 1600, contre les troupes de Tokugawa Ieyasu. Battu, il devint un rônin ( Samouraï sans maître ), et erra durant plusieurs mois, sans but.

Il en profita pour développer une technique originale de combat à deux sabres ( nitô-ryû ), et devint un maître d’armes réputé. Il provoqua avec succès plus de 60 duels, et devenant ainsi le meilleur sabreur du Japon.

En 1637, il rentra au service de ses anciens adversaires les Tokugawa et combattit pour eux les révoltés chrétiens de Shimabara. Il devint alors instructeur en 1640 de la puissante famille Hosokawa de Kumamoto.

Trois ans plus tard, à l’âge de 60 ans il se retire dans une grotte pour méditer et rédige à l’intention de ses disciples l’œuvre majeure de sa vie : Gorin no shō traduit en français par Traité des Cinq Roues.

Ce traité porte sur les arts martiaux et plus particulièrement l’escrime. Mais les principes qu’il énonce trouvent aussi à s’appliquer à toutes les activités de nature stratégique, à tous les gestes de la vie quotidienne. Ce Traité est considéré comme un classique de la littérature universelle.

Deux ans plus tard, sentant sa fin approcher, il écrivait le Dokkodo, La Voie à suivre seul.

Il fut un calligraphe et un peintre reconnu dont on peut encore admirer ses productions de sumi-e.

La légende de Miyamoto Musashi est tellement ancrée dans l’histoire du Japon que plus de 7 films différents retracent sa vie, ainsi que des pièces de théâtre.

“La Pierre et le Sabre” best seller international d’Eiji Yoshikawa, raconte la vie de ce guerrier hors du commun.

A son tour, la Toho s’empare de Musashi et lance une production de grand luxe qu’elle confie à Hiroshi Inagaki.

Tournée en couleurs, cette trilogie formée de La légende de Musashi, Duel à Ichijoji et La Voie de la Lumière, reprend fidèlement l’œuvre de Yoshikawa. La distribution est dominée par l’acteur fétiche de Kurosawa, Toshiro Mifune qui campe Musashi avec sa puissance et son charisme coutumier.

La trilogie Musashi La Pierre & le Sabre a remporté l’Oscar 1956 du Meilleur Film Étranger.

 
Source : www.radio-canada.ca

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